lundi 7 décembre 2009

Un petit pas pour l’humanité…

Mais un grand pas pour John! La semaine dernière fut riche en émotions et je me suis dit que j’avais suffisamment délaissé cet espace d’épanchement scriptural que pour m’y remettre de plus belle. Surtout que depuis la fois où j’ai percé mon premier trou dans un vrai mur avec une certaine émulation, c’est la plus grande avancée de ma vie… J’explique…

Il y a quelques semaines de cela, alors que je conduisais gentiment entre ici et là-bas, ma Clio m’assène, comme un coup de masse, un message tout aussi agressif que coercitif : «Réajuster le niveau d’huile !». J’avais entendu dire dans des histoires pour grandes personnes que, en effet, il y avait de l’huile quelque part dans les voitures et que parfois, il fallait en rajouter. Mais moi, innocent et naïf, je m’étais toujours dit que les légendes étaient belles et que cela n’arrivait qu’aux autres. Erreur ! En cette journée pluvieuse d’autoroutes, cela m’arrivait à moi ! «Pourquoi !?!», m’exclamai-je avec force et vigueur, «qu’ai-je donc fait pour mériter pareil châtiment ?», sanglotais-je alors. Je me repris rapidement car je suis quand même un homme (si !) et décidai de trouver une solution…

Je n’allais quand même pas me laisser faire de la sorte ! Réajuster le niveau d’huile ? Et puis quoi encore ? Repeindre des châssis ? Carreler une terrasse ? Tapisser ? Purger un radiateur ? Non, non et non. On commence par réajuster l’huile et on finit esclave du tourne-vis et de la scie circulaire. C’est pourquoi je décidais de nier ostensiblement les messages insistants de l’automobile qui ne cessa de me rappeler que ce foutu liquide de graissage venait à manquer. Je me portai très bien de ce déni manifeste jusqu’au jour où l’on me fit comprendre que je risquais la vie du véhicule…et surtout celle de mon compte en banque. Arf ! Penaud et résigné, je commençai à me faire à l’idée que j’allais devoir me salir les mains moi-même… il le fallait !

Je me mis donc à inspecter les encyclopédies, les sites Internet, les médiums et les témoins de Jehova mais tout cela ne me rassurait guère (particulièrement les Jehovas). A bout de nerfs et psychologiquement fragile, je me résolus à prendre la manuel d’instructions de la Clio : pages glacées, photos en couleur, paragraphes courts…tout devenait enfin possible ! Une grande respiration et la lecture commença… mieux qu’un Jules Vernes, je découvrais les mystères insondables de la mécanique automobile et les termes aussi farfelus que «bielle», «bavette», «injecteur» ou encore «piston». Tout cela me fit rêver à des mondes imaginaires où des centaines de Minipouces se cachent dans la machinerie et pédalent très très vite (surtout quand on va sur l’autoroute) pour mettre en œuvre l’incroyable engin et réajuste EUX-MÊMES l’huile de moteur quand elle vient à manquer !

Il fallut commencer par acheter l’huile. Je fis preuve de ruse, je l’avoue, et déléguai cette tâche à une tierce personne qui me satisfis grandement. Peu après la réception de la fabuleuse bouteille, le courage à son paroxysme, je compris qu’il était temps pour moi de réaliser l’acte. Et c’est ainsi que je soulevai le capot sans m’inquiéter des dépôts grisâtres qui se déposaient sur mes mains. Je sortis la jauge (ce qui me plus beaucoup, je dois l’avouer) que j’essuyai au moyen d’un vieux chiffon (comme conseillé dans le manuel) et que je replongeai dans je ne sais quoi et qui eut dû ressortir tout noir. Comme on put s’y attendre, le niveau d’huile était bas, très bas. Je m’empressai alors de vider le contenu de la bouteille dans un autre je ne sais quoi qui, par la logique des choses, devait être relativement identique au premier je ne sais quoi. Une fois fait, je m’assurai d’avoir tout rempli, rebouché, serré, fermé, essuyé. Mes mains dégoulinaient de bonheur et de bravoure, matérialisés par de jolis chamarrés de noir et de gris.

Quand je mis le contact (30 minutes après avoir réalisé l’appoint, c’est le manuel qui m’a obligé à subir cette insoutenable attente), ma voiture me remercia enfin : «Niveau d’huile correct». J’en eus la larme à l’œil et en poussant un soupir de soulagement, je me sentis grandis. J’avais fait un pas de plus dans le monde réel des vrais adultes. Ce fut un petit pas pour l’humanité…mais un grand pas pour John…

Ce que l’histoire ne dit pas, c’est que quand je me mis à verser l’huile dans son contenant, je m’empressai d’appeler le sauveur universel de toute situation problématique : papa !
- Papa, je suis en train de réajuster le niveau d’huile de ma voiture…
- QUOI ? MAIS ENFIN !? Pourquoi ne pas m’avoir appelé ? T’es fou ? Mais heuu…
- Papa, du calme. Je contrôle la situation…
- * silence de doute *
- Je me pose juste une question… j’ai un doute…
- …hummm ?
- Sur la jauge, l’huile est noire…mais dans la bouteille, elle est jaune…c’est normal ?
- …
- Papa ?
- …c’est parce que dans la bouteille, elle est propre…
- * silence de honte *

...ce fut un grand pas pour John… !


2 commentaires:

  1. Si tu veux, moi je peux t'aider à tapisser et purger te radiateurs. Je t'appelle en cas de problème d'huile chez boulette (aussi nommée TVQ 378)

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  2. Kolok elle commente en anonyme et elle croit que je vais pas la reconnaître :D Non mais oh ...

    Sinon, ben moi je peux t'apprendre à détartrer les robinets !

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